L'humidification progressive du Sahel est en cours, portée par le réchauffement climatique.
Les quantités d'eau considérables qui arrivent chaque année plus fort à la saison des pluies ne sont pas retenues par le terrain et ravinent celui-ci. Ce phénomène monte chaque année plus au nord et il atteindra bientôt le Sahara. Celui-ci reverdira alors et redeviendra une terre habitable, comme elle l'était il y a 5000 ans.
Des moyens efficaces de retenir cette eau et de refertiliser le terrain existent depuis le début du siècle et n'ont pas encore été mis en application systématiquement.
Une telle action permettrait de créer des terres habitables pour les Sahéliens, puis, dans une grande extension, pour d'autres populations, en quête de terres habitables.
On apporterait ainsi une contribution massive à la résolution de deux problèmes majeurs: la migration et l'équilibre climatique.
L' humidification du Sahel est un phénomène actuel. Ce processus est soutenu par le réchauffement de la température des océans. La mousson africaine, portée par des vents humides en provenance du golfe de Guinée pendant l'été, pénètre de plus en plus les zones sahéliennes vers le nord.
L'augmentation des pluies est sensible dans toute l'étendue du Sahel, depuis le Sénégal jusu'au Tchad.
La fixation des pluies dans le sol est un procédé actuellement utilisé. Il consiste à creuser des cuvettes et à y planter ou y semer arbres et végétation. Ce procédé s'appelle le "zaï". Il est actuellement très propagé dans ces pays.
L'efficacité du zaï peut être multipliée à l'extrême par l'utilisation d'une charrue spéciale de type "Vallerani". Cette charrue "dauphin" creuse des cuvettes qui peuvent absorber 1 m3 d'eau chacune à la saison des pluies. L'humidité y persiste pendant toute la saison sèche. La condition pour la réussite du verdissement est que les paysans et éleveurs locaux sèment dans les cuvettes les graines d'espèces d'arbres qu'ils ont eux-mêmes récoltées. Les semences d'herbe arrivent par le vent. Cette action doit se faire avant la saison des pluies. Le pâturage peut reprendre progressivement dès la première année après la pousse des semis. La coordination entre le chantier de creuse et l'action des paysans est capitale.
Des expériences très probantes ont été faites au Burkina Faso au cours du projet Deserto Verde, entre 2003 et 2015. Elles ont été conçues en collaboration étroite avec les éleveurs locaux, d'où leur efficacité remarquable. De grandes zones d'agroforesterie ont ainsi émergé à partir de plateaux qui étaient auparavant désertifiés.






Au nord du Burkina Faso le désert reverdit à perte de vue. Dès 2003, Lindo Grandi, garde forestier tessinois, entreprit avec Amadou Boureima, un technicien agricole burkinabé, le semis de végétation résistante en milieu aride. Il utilisa dans ce but la charrue "dauphin" (delfino) mise au point par l'ingénieur italien Venanzio Vallerani. 3700 hectares ont été ainsi transformés d'un désert en un paysage d' agroforesterie. En 2015, cette expérience extraordinaire a été malheureusement stoppée par l'insécurité, particulièrement forte dans cette région.
Pour plus de détails, cf. l' ouvrage de Jean-Edouard Buchter:
- Sahara, planche de salut, Ed. Favre, Lausanne 2023 (version papier)
- Verdir la Sahara (version numérisée du précédent, Ed. Favre)
Projet Deserto Verde: - coût de l'hectare: entre 60€ et 160€ selon les conditions du terrain.
Après cet investissement initial, la vente de certificats carbone rapporte des sommes considérables et peut financer largement l'extension du chantier. En effet, la masse verte produite est considérable et augmente chaque année. Des estimations sont disponibles pour des investisseurs potentiels auprès de la fondation Reverdir le Sahara.

